lundi 30 août 2010

Sortie de la semaine : Conan - The Newspaper Strips Volume 1


Voici une sortie qui fait plaisir. Dark Horse nous propose dans ce volume l'intégrale du run Conan publié entre 1978 et 1981.

Vous aurez l'occasion de suivre les aventures de Conan le barbare avec aux manettes des artistes talentueux comme Roy Thomas, John Buscema, Doug Moench (créateur notamment de Moon Knight), Tom Yeates et plein d'autres.


Sortie prévue : 01 Septembre 2010

Critique #10 : Cul de Sac Volume 1


Cul de Sac nous présente la vie quotidienne d'Alice Otterloop, une petite fille de 4 ans. Entourée de sa famille, de ses amis et du cochon d'Inde le plus cool de la terre, elle vit des aventures loufoques. Alice est curieuse, intelligente, parfois agaçante (surtout envers son frère). Elle s'émerveille pour un rien. Elle a des idées farfelues. Bref, c'est une vraie fillette.

Richard Thompson nous propose un comic strip d'un excellent niveau. A travers sa galerie de personnages, il nous donne le sourire. Vous aurez même l'occasion de rire à gorge déployée tellement certains strips sont hilarants. L'auteur maitrise son sujet. Le rythme des strips est très bon. Les gags sont bien amenés. On peut dire que globalement les strips se lisent de manière indépendante. Toutefois, lus dans l'ordre, on constate que le tout forme une histoire. Un des points qui font le succès de Cul de Sac est la bonne caractérisation des personnages. Les enfants ont vraiment des comportements d'enfant. Les parents ont des réactions crédibles et en même temps amusantes vis à vis de leurs enfants. Mr Danders, le cochon d'Inde, est un des animaux les plus drôles existant dans le monde du comic strip (je vous conseille vivement de lire ses aventures pour retrouver son amour d'enfance). Le style graphique employé est très simple. Certains trouveront peut être ce style graphique moche. On pourra leur rétorquer qu'ils n'ont rien compris à l'oeuvre. Il ne s'agit pas ici d'adopter un style réaliste qui aurait nécessairement fait perdre une partie du charme d'Alice et de ses amis.

Cul de Sac est clairement une réussite. Richard Thompson est sur la bonne voie pour devenir un auteur qui marquera l'Histoire du comic strip. Au jour d'aujourd'hui, on peut clairement dire que son strip est une des meilleures productions de ces dernières années (peut être même la meilleure depuis la fin de Calvin and Hobbes). Au passage, on peut noter que dans cette édition (que ce soit en VO (chez Andrews McMeel) ou en VF (chez Delcourt)) figure une préface élogieuse (et justifiée) de Bill Watterson, le créateur de Calvin and Hobbes. Et pour avoir réussi à sortir ce maitre du comic strip de son mutisme, il fallait au moins une oeuvre du niveau de celle de Richard Thompson. Je ne saurais trop vous conseiller d'au minimum feuilleter et lire quelques strips chez votre libraire. Cela devrait vous suffire à devenir fan.

Note globale : /5
Note du livre : /5

jeudi 26 août 2010

Critique #9 : Sherlock Holmes Volume 1


Sherlock Holmes a connu une adaptation en strip pour les journaux et a été publié du 1er Mars 1954 au 17 Novembre 1956. Le premier journal à publier les histoires du détective fut le
New York Herald Tribune. Les auteurs du comic strip étaient Edith Meiser au scénario (elle était connue également pour son émission radiophonique sur Sherlock Holmes dans laquelle elle adaptait les histoires du détective) et Frank Giacoia au dessin. En addition de la publication quotidienne des strips dans les journaux, deux éditeurs se sont chargés de publier ces histoires de Sherlock Holmes. Dans un premier temps, c'est l'éditeur Eternity Comics qui a collecté les strips dans une revue mensuelle intitulée sobrement Sherlock Holmes. Plus tard (en 1989 pour être précis), Malibu Comics s'est lancé dans la publication de l'intégrale du run. L'intégrale comptabilisant quatre volumes (dans un format à l'italienne).

Les histoires racontées dans ce comic strip étaient de deux natures. D'une part, des histoires 100% originales. D'autre part, certaines aventures étaient des adaptations d'histoires écrites par Sir Arthur Conan Doyle (le créateur de Sherlock Holmes). Il est à noter que les histoires originales ont été en quelque sorte validées par les ayant droits de Conan Doyle, ce qui était extrêmement rare (les procès (ou menaces de procès) pleuvaient à l'époque dès qu'une adaptation de Sherlock Holmes apparaissait quelque part dans le monde). Le Conan Doyle Estate avait d'ailleurs officiellement donné son accord pour que les deux auteurs travaillent sur une adaptation en comic strip des histoires du détective. De plus, le Baker Street Irregulars, une sorte de club regroupant des fan-experts de l'oeuvre de Conan Doyle ont donné du crédit et reconnu que le travail de Meiser et Giacoia était digne d'intérêt.

Il y a une chose intéressante à noter à propos de la publication de ce comic strip. En plus du rythme de publication quotidien des strips, Sherlock Holmes était publié dans une version "spéciale" le dimanche. Ce jour là, il n'était pas question de continuer à publier la suite des aventures du détective. Il n'était également pas question de publier des aventures nouvelles (et indépendante du strip journalier). Le dimanche, les journaux publiaient un résumé des aventures de la semaine. Le tout en couleur. Le but étant clairement de garder le lectorat en haleine et de lui rafraichir la mémoire pour aborder la nouvelle semaine de strips dans les meilleures conditions.

Malibu Comics propose la réédition de l'intégrale du run Sherlock Holmes en quatre volumes. Aujourd'hui, ceux-ci sont épuisés. Il faut donc se tourner vers le marché de l'occasion pour tenter de trouver un volume. Le format d'un volume est à l'italienne. Tous les strips (dailies et sundays) sont publiés en noir et blanc. La qualité de réédition des strips est plutôt correcte étant donné les conditions que l'éditeur a rencontré pour proposer ces histoires. En effet, le "syndicate" qui possédait les originaux des strips a depuis longtemps fermé boutique. Il n'existe donc plus d'endroit où seraient collectés les originaux. Et comme à l'époque (les années 50) les originaux n'étaient pas considérés comme ils le sont aujourd'hui, ils étaient souvent délaissés, voir détruits. La seule solution viable était donc de retrouver tous les strips parus dans les journaux. Heureusement, il existe des collectionneurs qui, jour après jour, ont pris leur paire de ciseaux et découpé le strip pour le garder. Grâce à cela, l'éditeur Malibu Comics a pu reconstituer l'intégralité du run. Bien évidemment cette démarche a un point faible : on ne pouvait pas espérer une qualité parfaite pour les strips. C'est globalement plutôt bien. Les dailies ont un trait assez gras alors que les sundays sont assez bien reproduits. Certains de ces strips dominicaux sont d'ailleurs en niveau de gris, ce qui donne un peu plus de "vie" au strip. Au final, ce léger défaut ne gêne pas du tout la lecture de ce strip. Il permet d'admirer à quel point Frank Giacoia était un grand artiste. Son style réaliste était parfait pour adapter Sherlock Holmes en comic strip. Il a réussi à donner une ambiance victorienne au strip qui renforce l'immersion.

Au final, que vaut vraiment ce comic strip ? C'est une très bonne surprise. On retrouve vraiment le Sherlock Holmes que l'on connait tous en lisant ces strips. Malheureusement, il est très difficle aujourd'hui de trouver l'intégrale des volumes de Malibu Comics. IL faut ajouter également que les volumes considérés comme quasi neuf sont assez décevants au niveau de la colle utilisée pour la reliure du volume.

Note Globale : /5
Note du livre : /5

mardi 24 août 2010

Critique #8 : James Bond Omnibus 1


Après avoir parlé du comic strip James Bond dans la Critique #7. Dans la présente critique, nous allons voir ce que vaut cette autre édition du comic strip.

Après une série de volumes contenant trois à quatre histoires de l'agent secret Britannique, Titan Books nous donne l'occasion de découvrir ce comic strip grâce à une édition omnibus. Quelles sont les différences entre les deux offres ?

Tout d'abord le format. La version omnibus est plus petite que la version TP (environ 4 cm plus petite en hauteur et 2 cm en largeur). Le confort de lecture est donc moindre. La reproduction des strips reste largement acceptable. Mais ils sont forcément plus petits (dans la mesure où l'éditeur a décidé de garder une mise en page de 4 strips par page).

Ensuite, nous devons parler du contenu. Dans un TP, vous aurez l'occasion de lire quatre histoires maximum. Dans l'omnibus 1, il y a onze histoires. Voici d'ailleurs le listing :
- Casino Royale
- Live and Let Die
- Moonraker
- Diamonds are forever
- From Russia with Love
- Dr No
- Goldfinger
- Risico
- From a view to a kill
- For your eyes only
- Thunderball
L'avantage est clairement en faveur de l'omnibus (surtout si vous n'avez pas beaucoup de place chez vous).

Enfin, venons-en au prix. Là il n'y a pas de comparaison possible tant la version omnibus est avantageuse. En cherchant un peu sur le net, un volume TP est trouvable pour 10-12 €. La version omnibus coute moins de 15€ sur le net.

Au final, l'omnibus est tout de même très avantageux. Le seul véritable défaut est qu'il est plus petit que la version TP. Il faut ajouter également dans la collection "défaut" pour l'Omnibus l'absence de bonus. La collection complète coutera elle aussi moins chère (il devrait y avoir 5 à 6 omnibus au total contre plus de 15 volumes pour la version TP).

Il ne vous reste plus qu'à faire votre choix. Que ce soit une version ou l'autre, le cout de la découverte reste très correct. C'est un comic strip qui mérite qu'on lui donne sa chance...

Note Globale : /5
Note du livre : /5

Critique #7 : James Bond Volume 1




Mon nom est Bond. James Bond. Ce gimmick mondialement connu appartient au plus célèbre des agents secrets. Qui n'a pas lu ou vu au moins une des aventures de ce héros des temps modernes dans sa vie ? Même la personne la moins cultivée du monde connait ce personnage. En dehors des très bons romans et des films à succès (dont la liste ne cesse de s'agrandir). James Bond a connu une vie en tant que héros d'un comic strip quotidien. Et cela avant même la première apparition du Britannique sur grand écran.

C'est en effet en 1957, soit 5 ans avant la première aventure cinématographique du célèbre espion, que le London Daily Star proposa à plusieurs reprises à Ian Fleming (ndla : le créateur de James Bond) de créer une série sous forme de strips dont le héros serait le fameux agent secret : James Bond. Ian Fleming n'était pas très emballé au départ concernant l'idée d'adapter son héros au format comic strip. Il craignait que la qualité ne soit pas au rendez-vous et que finalement ce ne soit qu'un produit purement commercial qui ferait vendre plus de journaux. Edward Pickering, éditeur du Daily Express, a parfaitement compris les craintes de Ian Fleming. Il rencontra l'auteur dans une réunion décisive qui allait le faire changer d'avis. Edward Pickering se portait garant que ce comic strip serait un travail de qualité et que rien ne serait bâclé. Et en sus de cette garantie, il fera une offre à Ian Fleming qu'il ne pourra pas refuser: avoir le dernier mot sur l'adaptation de James Bond. Si le matériel proposé ne lui convenait pas, il n'y aurait pas de publication. C'est avec cette garantie que Ian Fleming accepta finalement qu'une adaptation en comic strip voit le jour.

Dans ce premier volume intitulé Casino Royale, nous avons l'occasion de découvrir trois histoires : Casino Royale, Live and Let Die et Moonraker. Le scénario de la première histoire est écrit par Anthony Hern. Les deux autres étant écrites par Henry Gammidge. Au dessin, on retrouve John McLusky. Les trois histoires sont très intéressantes (même si Live and Let Die est un peu moins bien). On voit bien que Fleming avait un droit de regard sur le strip. Il est très bien rythmé. On retrouve tous les moments clés. Côté dessin, le style réaliste de John McLusky est bon. Les personnages sont facilement reconnaissables. Les scènes d'action sont bien illustrées. Rien à redire de ce côté là.

L'éditeur Titan Books a fait du bon travail sur cette édition. Le livre est au format A4 (softcover). Cela permet une reproduction des strips suffisamment grande pour ne pas avoir de soucis de lisiblité. Il y a quatre strips par page, tous en noir et blanc. Côté bonus, on a le droit à une petite introduction de Sir Roger Moore. De plus, un article sur les romans post Fleming est proposé (très intéressant au passage).

Au final, on ne peut que recommander cette édition. Le comic strip James Bond est une vraie réussite. A découvrir!

Note Globale :
/5
Note du Livre :
/5

dimanche 22 août 2010

Critique #6 : Nemi Volume 1


Cela fait un peu plus de 10 ans que Lise Myhre a donné naissance au comic strip Nemi. D'abord cantonné à la sphère scandinave (ce strip est d'origine Norvégienne), Nemi a vite connu un succès international.

Mais qui est donc donc Nemi ? Nemi est une jeune femme de 25 ans très atypique. Elle enchaine les travails à court terme. Un poil alcoolique sur les bords. elle a un look plutôt gothique. Mais sous ces attraits, c'est une vraie gamine de 10 ans. Elle adore le chocolat, elle a un fort caractère (elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense). Elle écoute du métal, aime les jeux vidéos, idolâtre Tolkien et Edgar Allan Poe... Bref, c'est une jeune femme intéressante.

A travers ces strips, nous avons donc l'occasion de suivre les pérégrinations de Nemi. La grande majorité des strips sont indépendants les uns des autres (il y a parfois des histoires qui s'étalent sur plusieurs strips). C'est souvent drôle, parfois très drôle. Lise Myhre joue habillement avec les références culturelles. Elle rend son personnage fétiche vraiment intéressant. Cependant, le succès du strip ne se joue pas que sur ce personnage. L'auteur l'a entouré de personnages qui donnent encore plus de volume au strip (on peut citer Cyan la meilleure amie de Nemi, Tim un des petits amis de Cyan, le père de Nemi...). Graphiquement, Lise Myhre a adopté un cartoony qui fonctionne très bien avec le style de gag proposé.

Il faut ajouter que Titan Books, l'éditeur de ce livre, a fait un travail. Il nous livre un objet hardcover, papier glacé. En bonus, nous avons le droit à un avant propos de Lise Myhre et à une interview de l'auteur. Il existe également une version française éditée par Milady Graphics tout aussi attrayante. Pour avoir eu l'occasion de la feuilleter, on peut dire que c'est également une belle édition dont la traduction semble vraiment bonne.

Au final, Nemi est une bonne surprise. On peut clairement considérer ce comic strip comme une référence du genre en Scandinavie (avec Rocky de Martin Kellerman et Moomin de Tove Jansson).

Note Globale : /5
Note du Livre : /5

En bonus, voici quelques strips tirés de la version française qui vous donneront peut être envie d'en découvrir plus :




vendredi 20 août 2010

Sorties des prochains jours

Ce mois d'aout voit les sorties de deux comic strips très intéressants : Archie - The Classic Newspaper Comics Vol.1 et Big Ben Bolt Dailies Vol.1. Petit coup d'oeil sur les pitchs :


Archie : The Classic Newspaper Comics Vol.1 :

Bien avant qu'Archie Andrews doive choisir entre Betty et Veronica, l'artiste Bob Montana fit voyager Archie et son groupe d'amis dans une série de gags. Le tout sur une période de 30 ans (avec une parution quotidienne). Dans ce premier volume, vous retrouverez les strips parus de 1946 à 1948, réédités pour la première fois. Vous aurez l'occasion de découvrir les talents de scénaristes de Montana. Au programme : triangle amoureux hilarants, femmes sexy, des sidekicks empotés et des enseignants autoritaires. Sortie le 25 aout (éditeur : IDW Publishing).


Big Ben Bolt Dailies Vol.1 :

Ce comic strip, écrit par Elliot Caplin (le frère d'Al Capp, le créateur de Li'l Abner) et dessiné par John Cullen Murphy, nous propose de suivre les aventures de Ben Bolt dans sa carrière de boxeur. Vous retrouverez dans ce volume les strips parus entre février 1950 et mai 1952. L'intérêt de ce strip tient dans le fait que Ben Bolt n'est pas un bourrin. Ce un boxeur intelligent (il a son diplôme universitaire en poche) et surtout il adore la boxe. Sortie le 21 aout (éditeur : Classic Comics Press).

Critique #5 : Captain America - The 1940's Newspaper Strip #1


Lettre aux décideurs de Marvel :
" Mesdames, messieurs, bonjour, Je me permets de vous écrire pour vous signifier tout le mépris que j'ai pour votre entreprise. Je peux comprendre votre envie de faire toujours plus de bénéfices. Mais de là à tromper vos lecteurs, je dis non. Je suppose que vous avez déjà compris que vous avez perdu un lecteur. Je ne vous salue pas!"


Après cette introduction, venons-en à la critique de ce "truc". Vous ne le savez peut être pas mais il n'existe pas de comic strip sur le Captain America. Encore moins dans les années 40. Vous vous demandez donc comment est-il possible de lire ces strips ? Et bien c'est simple, nos amis de Marvel ont confié à Karl Kesel et Ben Dimagmaliw de créer un comic strip sur Captain America. Initialement produit pour Marvel.com, nos brillants penseurs se sont dits qu'ils pourraient engranger un peu plus d'argent en publiant les strips dans une version papier.

Voilà donc la possibilité de découvrir les origines de Captain America (de sa transformation à son affrontement de Red Skull) à travers 85 strips. L'histoire est vraiment très classique et moyennement intéressante. Côté dessin, le dessinateur aurait pu faire un effort pour donner une véritable touche années 40 à son dessin. Ici, on a juste à faire à un style graphique (dessin + couleurs) contemporain. D'un point de vue histoire et dessin, nous n'avons donc pas grand chose à reprocher (tout ceci ressemble à un grand nombre de comic books publiés de nos jours).

C'est sur la forme qu'il y a matière à s'offusquer. Pourquoi ne pas avoir choisi de publier tous les strips dans un volume relié au lieu de trois numéros ? D'autant plus que tout le matériel était déjà disponible. Ensuite, on peut reprocher une mise en page vraiment bâclée. En quoi cette mise en page est censée être du comic strip ? Que ce soit les strips quotidiens ou les sundays (ceux qui étaient publiés le dimanche), c'est n'importe quoi. Un éditeur avisait aurait choisi une publication adaptée (le premier exemple qui vient en tête est le travail d'Image Comics sur le strip PvP) avec des strips proposés dans un format à l'italienne. Autre point négatif : si les auteurs s'étaient un peu documentés sur les comic strips des années 40, ils auraient remarqué que la narration était différente de ce qu'ils nous propose. Ici, les auteurs pensent de manière "moderne" (ils font un comic book qu'il faudra ensuite découper en strips). Ca manque cruellement de voix off (qui résumait un fait s'étant déroulé dans le strips précédent).

Au final, ce comic strip est une énorme déception. Car malgré l'arnaque proposée par Marvel (vendre un livre sur un mensonge c'est limite), on aurait pu s'attendre à une bonne histoire dans un joli format. Ce ne fut pas le cas. Vous aurez compris que je ne vous recommande pas la lecture de ce strip. Il ne faut pas encourager ce genre d'entreprise.

Note globale :
/5 Note du livre : 0 /5

mercredi 18 août 2010

Critique #4 : Onulf le Marin


Onulf le marin est un comic strip de Charlie Schlingo publié en 1986 par Futuropolis. Ce livre nous donne l'occasion de suivre les aventures d'Onulf, un vieux marin à la retraite, un peu alcoolique sur les bords, et du cybernéticien (une espèce d'hippopotame).

Charlie Schlingo a un humour ravageur. On peut le classer dans les auteurs aimant raconter leur histoire de manière loufoque. Personnellement, il me fait penser à Robert Crumb. Cet auteur a beaucoup travaillé pour de grands périodiques de bande dessinée tels que Hara Kiri, L'Echo des Savanes, Metal Hurlant... Il est même le co-créateur (avec le Professeur Choron) de Grodada, le mensuel pour les enfants au début des années 90.

Dans Onulf, Charlie Schlingo crée des gags qui ne plairont pas à tout le monde. Mais pour quelqu'un suffisamment ouvert d'esprit, c'est vraiment très fun. Onulf (qui est clairement inspiré de Popeye) et le cybernéticien forment un duo étonnant et amusant. A travers leur relation, Schlingo s'amuse à tourner en dérision les relations de couple. Graphiquement, le style cartoony de l'auteur est plaisant. Certains le trouveront peut être dépouillé, mais au final ça fonctionne.

Le livre en lui-même est correcte. Format A5, hardcover. 20 pages de strips. Ce qui est finalement le seul reproche que l'on peut faire à cette édition : ça se lit très vite. On pourrait éventuellement ajouter comme reproche le manque de contenu éditorial (comme une présentation de l'oeuvre, du personnage). Mais vu l'esprit du livre, il semble normal qu'il n'y ait pas ce genre de contenu.

Onulf le Marin est une belle porte d'entrée dans l'univers de Charlie Schlingo pour quiconque ne le connait pas. Porte d'entrée d'autant intéressante que ce livre est trouvable à un prix dérisoire (moins de 2€ sur Amazon par exemple). L'essayer, c'est l'adopter!

Note globale : /5
Note du livre : /5

lundi 16 août 2010

Critique #3 : Modesty Blaise - The Gabriel Set-Up


Modesty Blaise est un comic strip anglais créé par Peter O'Donnel (scénariste) et Jim Holdaway (artiste) au début des années 60 (en 1963 pour être précis). Ce strip raconte les aventures de Modesty Blaise, ancienne "gérante" du Network (un groupe de personnes qui agissaient dans l'ombre), qui travaille à présent pour les services secrets Britanniques. La dissolution du Network lui a rapporté suffisamment d'argent pour vivre aisément jusqu'à la fin de ses jours. Elle est aidée dans ses nouvelles missions par son fidèle ami Willie Garvin.

Ce premier volume, intitulé The Gabriel Set Up et paru en 2004 chez Titan Books, rassemble les trois premières aventures de la belle héroïne. Dans La Machine (en français dans le texte), Modesty doit faire face à une organisation appelée La Machine, spécialisée dans le meutre sur mesure. Objectif :rayer de la carte cette organisation. Dans The Long Lever, Modesty and Willie vont aider un scientifique réputé, qui s'est fait enlever par des agents secrets Hongrois (son pays d'enfance), à retrouver sa liberté. Enfin, The Gabriel Set Up nous propose de suivre Modesty et Willie dans leurs aventures contre le Phoenix Sanitorium, un établissement qui, sous des couverts médicaux, estorque des renseignements très importants de ses clients (et qui les revend au plus offrant).


Voilà trois histoires qui donnent une bonne idée de ce qu'est ce comic strip, beaucoup d'action, de l'humour, un duo de héros (car Willie est quasiment au même plan que Modesty) vraiment passionnant à suivre. Si on devait comparer Modesty Blaise, ce serait à James Bond. Mais en plus intéressant. Pourquoi ? Tout d'abord de part son passé tumultueux. Elle a connu une enfance terrible où elle s'est retrouvée seule assez rapidement. Elle a dû se débrouiller pour survivre. Elle a ensuite rencontré des personnes qui influencé son avenir dans les milieux underground pour enfin trouver la rédemption. Modesty Blaise est également un personnage intéressant grâce à sa relation avec son collègue Willie Garvin. En plus d'une profonde amitié, il y a un petit jeu du chat et de la souris entre eux. Modesty appelle son accolyte "Willie love". Et Willie appelle tout le temps Modesty "Princess". Leur relation est telle qu'ils ont une confiance aveugle l'un envers l'autre. Ce qui rend leurs aventures plus passionnantes.
Enfin, on ne peut nier que lire les aventures d'une telle femme soit plus attirant que son homologue masculin. Pas seulement pour sa plastique, mais également parce que la psychologie de Modesty est plus intéressante.

En lisant ces histoires, on constate que Peter O'Donnel maitrise son sujet. Il arrive à garder le lecteur en haleine au fil des strips grâce à une bonne gestion du rythme des histoires. L'apport graphique à l'histoire est parfait. Jim Holdaway (qui avait déjà travaillé avec O'Donnel sur le strip Roméo Brown) a un style réaliste sublime. On peut inclure Jim Holdaway dans la voie du photo réalisme, style de dessin où on retrouve des maitres comme Alex Raymond, Leonard Starr ou Stan Drake (pour ne citer qu'eux). Nous ne sommes qu'actuellement dans les prémices du strip et pourtant Jim Holdaway produit de sublimes planches, vivantes et dynamiques. Sa représentation de Modesty Blaise est très bonne. Il en a fait une femme fatale : sexy mais qu'on hésite à aborder.


Ce premier volume est donc parfait sur le fond. Sur la forme, Titan Books nous propose une édition plus que correcte : format softcover (A4), des bonus intéressants (articles sur le personnage de Modesty Blaise, strips exclusifs qui content l'enfance de Modesty). Un livre à découvrir donc!

Note Globale :
/5
Note du Livre : / 5

vendredi 13 août 2010

Critique #2 : Wondermark Volume 1



Wondermark est un comic strip créé au début des années 2000 (en 2003 pour être précis) par David Malki. Cet auteur propose deux fois par semaine (le mardi et le vendredi) un strip humoristique.

Le concept est simple et en même temps très original : l'auteur se sert d'illustrations pour créer ses strips. Mais pas n'importe lesquelles. En effet, David Malki utilise exclusivement des illustrations issues de livres ou de périodiques du 19ème siècle pour composer ses strips. A partir de celles-ci, il imagine des gags. Si on analyse ses strips, on remarque rapidement que l'auteur a conçu un schéma que l'on peut considérer comme étant une véritable pierre angulaire dans son oeuvre (il ne déviera que très rarement de ce schéma). La structure de ses strips consiste en la répétition du même panel avec des dialogues différents pour amener le gag. Parfois, le dernier panel est muet et se suffit à lui-même pour créer l'effet escompté. Enfin, arrive que l'auteur apporte quelques modifications entre les panels (qui ne sont donc plus totalement identiques) pour amener son gag.


Le travail de David Malki est disponible en librairie grâce à l'éditeur Dark Horse. Ce dernier nous propose dans ce premier volume (1) intitulé Beards of Ours Fathers un peu plus d'un an de strips (de fin 2004 à fin 2005). La plupart des strips sont amusants. Les gags fonctionnent parfaitement. L'humour de Malki ne plaira pas à tout le monde (certains strips baignent allégrement dans l'humour noir). Mais d'une manière générale, nous sommes plutôt dans un registre tout public. Il faut noter que certains strips sont assez obscurs. L'auteur aime parfois s'engager dans la voie du grand n'importe quoi, voir de l'incompréhensible. Ces gags ont des thématiques assez variées : mode, politique, réflexion sur l'Homme... Dernier point qu'il faut souligner : ces strips peuvent être lus dans n'importe quel ordre. Il n'y a pas de continuité. Le lecteur peut donc s'amuser à picorer par-ci par-là et ne pas être perdu.


Pour conclure, nous nous devons de parler du livre en lui-même. L'éditeur Dark Horse a fait du très bon travail. Le livre se présente sous la forme d'un hardcover (qui a quasiment la forme d'un carré d'une vingtaine de centimètres de côté) au dos toilé. A l'intérieur, on trouve une belle mise en page. L'éditeur a habillé les strips. Au lieu d'avoir une page blanche avec les strips, on a ici une mise en page qui fait très 19ème siècle (papier un peu jauni, strips "encadrés"...). Les bonus ne sont pas en reste. Entre les vieilles publicités de l'époque, l'histoire supplémentaire (8 pages), une petite introduction de l'auteur... il y a de quoi faire.


Wondermark volume 1 est une surprise comme on aimerait en avoir plus fréquemment. Si vous voulez vous faire une idée plus précise du talent de David Malki, voici une petite sélection de strips choisis par votre serviteur.





Et si vous voulez en voir encore plus avant un éventuel achat, je vous invite cordialement à vous rendre sur le site de David Malki dont voici l'adresse : http://wondermark.com/

Note Globale : et demi /5

Note du Livre : / 5


(1) Pour être correct, il existe un autre volume antérieur à celui proposé par Dark Horse. Il était intitulé The Annotated Wondermark et a été publié en 2004. Volume dans lequel on retrouvait les 100 premiers strips.

jeudi 12 août 2010

Critique #1 : Winsor McCay - Early Works Volume 1


Winsor McCay
est un artiste essentiellement connu pour son oeuvre Little Nemo in Slumberland, comic strip publié initialement entre 1905 et 1914 (puis de manière plus sporadique jusqu'en 1926). Mais à côté de Nemo, Winsor McCay a été un grand créateur dans sa carrière; que ce soit dans le monde de l'animation, du dessin de presse ou encore dans la création de comic strips.


L'éditeur Checker Book Publishing Group (ndla : on appellera cet éditeur Checker dans la suite de l'article) a entrepris de publier une collection intitulée Early Works regroupant l'intégralité du travail de McCay, nonobstant Little Nemo (1).

Dans ce premier volume, nous avons l'occasion de découvrir quatre oeuvres. Petit tour d'horizon :

- Dream of The Rarebit Fiend : Comic Strip publié originellement dans le New York 's Evening Telegram (entre 1905 et 1914), Checker propose la quasi-totalité des strips publiés la première année (ndla : McCay signait ces strips sous le pseudo Silas). On a donc l'occasion de découvrir une série de petites histoires en une planche dont la structure rappelle clairement Little Nemo, ce qui est normal puisque c'est ce strip qui a inspiré à McCay la création de Nemo. Dans Dream, un strip correspond au cauchemar ultra réaliste d'un personnage à chaque fois différent. Cela permet à l'auteur de nous proposer des délires divers et variés. Le seul point commun de tous ces cauchemars : l'ingestion de fromage du "rêveur" avant qu'il aille se coucher. On voit bien que McCay s'amuse beaucoup avec ces strips. La plupart sont drôles et font mouche. Le dessin est clair et précis (aucun problème de lisibilité).
- Tales of The Jungle Imps : Cette oeuvre est là seule qui n'est pas signée entièrement par Winsor McCay. En effet, sur Tales, il était illustrateur des "poèmes" de George Randolph Chester (travail effectué pour le compte du Cincinnati Enquirer). Tales of the Jungle Imps proposait dans chaque poème une théorie comique de l'évolution du genre animal. En effet, vous pouvez découvrir par exemple pourquoi les éléphants ont une trompe, comment le tigre a obtenu ses rayures ou encore comment le castor a obtenu sa queue plate. Le catalyseur de toutes ces évolutions : les méchants pygmées qui n'arrêtaient pas de harceler ces pauvres bêtes. Ces poèmes sont souvent amusants et bien illustrés. Il est intéressant de voir le travail de McCay qui mélange réalisme pour les animaux et un style cartoony pour les pygmées (ndla : voir la couverture).- Little Sammy Sneeze : Publié initialement entre 1904 et 1906 dans le New York Herald, Checker nous propose plus de la moitié du run. Le petit Sammy, charmant garçonnet au demeurant, est un vrai gaffeur. Son problème : il ne peut pas s'empêcher d'éternuer. Certaines personnes ont des hoquets à répétition. Sammy est un pro de l'éternuement. Ce qui va lui causer en permanence des problèmes (on aura rarement vu un enfant se prendre autant de coup de pied dans le derrière dans une bande dessinée). Little Sammy Sneeze est une oeuvre où on sent une nouvelle fois toute la créativité de McCay pour créer le gag. La plupart des strips sont efficaces et arrachent un sourire (voir un rire) au lecteur.
- A Pilgrim's Progress : Comic strip publié entre 1905 et 1910 dans le Evening Telegram (sous le pseudo Silas, A Pilgrim's Progress raconte l'histoire d'un voyageur qui cherche à se débarrasser de n'importe qu'elle manière de la valise qu'il emmène partout avec lui (avec l'inscription "Dull Care" qu'on peut traduire par "responsabilité barbante", valise qui est un véritable fardeau. Bien évidemment, chaque tentative s'achèvera par un échec. Ce strip est plus adulte qu'une grande partie de la production de McCay (on remarquera finalement que tous les strips signés Silas étaient plus adulte que les autres). Ces strips sont vraiment intéressant car malgré l'aspect comique, on a presque envie de compatir pour cet homme qui cherche désespérément à fuir ses responsabilités pour vivre une vie facile.

Note Globale :
/5

Le matériel proposé dans ce premier volume est globalement très intéressant. Souvent drôle. On voit que Winsor McCay maitrise bien le rythme d'un sunday strip. Graphiquement, son style est tout de même impressionnant. Ces strips ont été produits il y a plus d'un siècle. Le matériel de dessin et de reproduction étaient totalement différents. Et pourtant, c'est beau.

Note du Livre :
et demi / 5

Le livre en lui-même est d'une facture correcte : Format Comics, Sofcover, 200 pages en N&B. On aurait pu donner un 4 (voir 4 et demi) si le livre avait été un peu plus grand (un format A4 eut été un choix plus judicieux). En effet, on peut regretter que l'éditeur choisisse un tel format pour reproduire des sunday pages. Pour Dream of The Rarebit Fiend, Little Sammy Sneeze et A Pilgrim's Progress, la reproduction est correcte. Par contre, le format pose problème pour Tales Of The Jungle Imps, la reproduction est trop petite. La taille des caractères rend la lecture compliquée et fatigante.


Conclusion : Nous recommandons ce livre, parfait moyen pour découvrir le travail de ce pilier de la Bande Dessinée mondiale qu'est Winsor McCay. Il est d'autant plus recommandé que ce livre est trouvable pour une somme raisonnable (moins de 10 euros sur le net).
(1) : La non présence du comic strip Litlle Nemo est due au fait que l'éditeur a jugé qu'il n'était pas nécessaire de rééditer une nouvelle fois ce strip (vu le nombre d'éditions existantes)

Critique type

Avant d'entamer les choses sérieuses, je tenais à vous proposer un petit guide de compréhension des critiques à venir.

Une critique aura la forme suivante :

- Résumé de l'oeuvre critiquée
- Critique de l'oeuvre (points positifs et négatifs)
- Notes : 1 note globale pour l'histoire et le dessin et 1 pour le livre en lui-même.

Pour la note globale (5 points maximum), le système est le suivant :

/5 : Vous pouvez passer votre chemin. Ce titre ne vaut pas la peine de s'attarder dessus.



/5 : Titre très moyen. A réserver aux fans de l'auteur ou du type d'histoire racontée.



/5 : Bon strip. Malgré quelques défauts, il est intéressant.




/5 : Très bon ! Une valeur sure.




/5 : Parfait ! Tout est réuni pour vous plaire. Une grande oeuvre.


Ces notes sont bien évidemment subjectives. Elles reflètent l'avis de l'auteur de la critique.

Bienvenue!

Soyez les bienvenus sur ce nouveau blog centré à 100% sur le comic strip. Vous avez forcément tous lu au moins une fois dans votre vie du comic strip. Si je vous dis Snoopy, Garfield, Mafalda, ça doit vous parler. Eh bien, félicitations ! Vous avez déjà lu du comic strip.

Ce blog est destiné à tout le monde. Que vous soyez connaisseurs ou simple curieux. L'idée est simple : à travers des critiques et des dossiers, je compte vous faire découvrir (ou redécouvrir) ce genre plutôt méconnu et très souvent délaissé de la Bande Dessinée. Il ne s'agira pas uniquement de traiter des comic strips orientés humour (comme par exemple le sont les Peanuts, Garfield) mais également de comic strips de type aventure (citons par exemple Prince Valiant, Flash Gordon ou encore Dick Tracy).

A terme, mon souhait est que vous considériez ce blog comme une référence dès lors qu'il s'agit (pour vous) de trouver un renseignement ou un avis sur un strip.

Passez un bon moment. Vous êtes chez vous (ne salopez pas tout pour autant!).

Giah.


NB : Pour le moment, l'habillage n'est vraiment pas terrible. Mais ça s'améliorera au fur et à mesure. Il faut que je m'habitue au système Blogspot. :)